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Résumé :
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Des populations hydriques de la bactérie pathogène opportuniste Pseudomonas aeruginosa ont été étudiées dans l’objectif de mieux comprendre leur écologie et leur dangerosité. Un crible PCR a été développé, en utilisant le gène ecfX codant un facteur sigma spécifique de l’espèce P. aeruginosa, pour permettre sa détection en milieux complexes. Ce crible a permis d’identifier les eaux usées de lagunes d’épuration comme milieu abritant des populations significatives de P. aeruginosa. Ces populations ont montré une très grande diversité infra-spécifique, avec des clones dominants, mais également une certaine instabilité génomique pouvant favoriser l’émergence de variants génétiques. Les séquences d’insertion (IS) ont été identifiées comme une composante de cette instabilité. Elles ont inactivé le gène de régulation du quorum sensing lasR. Des souches de lagunes ont par ailleurs montré une parenté étroite avec des souches d’infections communautaires du même secteur géographique, suggérant un danger pour la santé humaine. La présence de P. aeruginosa dans les eaux usées a conduit à une analyse de son portage rectal. Une étude en milieu hospitalier a permis de démontrer la transmission de souches rectales entre patients et vers un réseau d’eau. Des clones dominants, pérennes, et résistants aux traitements chlorés ont été observés dans ce réseau. Aucune IS dans le gène lasR n’a été observé pour ces souches. De façon générale, les milieux hydriques semblent exercer des pressions sélectives favorisant l’émergence de nouvelles configurations génétiques ou de nouveaux phénotypes chez les populations de P. aeruginosa
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